DYS ou TDAH à l'université : les 3 démarches urgentes dès la première semaine
Share
+18 ans · Études supérieures
DYS ou TDAH à l'université : les 3 démarches urgentes dès la première semaine
⏱ Conférence : 7 minutes · ~1 400 mots · Publié le 22 août 2026
Est-ce que tu as dit à ton université que tu es DYS ou TDAH ?
Dans cet article
La plupart des étudiants DYS ou TDAH ne le font pas. Pas parce qu'ils n'en ont pas besoin. Parce que personne ne leur a dit que c'était nécessaire, que c'était possible, et surtout qu'il fallait le faire maintenant avant les partiels, pas après.
Cet article s'adresse à vous directement pas à vos parents. Tu es majeur, tu es à l'université, et tu as des droits que tu n'as probablement pas encore activés. Voici comment le faire en une semaine.
En résumé :
Ton université a un service handicapé. Ce service peut t'accorder des tiers-temps, des supports adaptés, un accompagnement à l'organisation mais seulement si tu en fais la demande. La procédure prend plusieurs semaines. Si tu commences cette semaine, tu peux être couvert pour tes premiers examens. Si tu attends, tu ne le seras pas.
Dorine, Do'Dys — dodys.fr
Ce que la plupart des étudiants DYS ne font pas et pourquoi
Je m'appelle Dorine. Je suis DYS depuis l'enfance — mon frère et mon père le sont aussi. Je sais ce que c'est d'arriver dans un lieu nouveau en se disant que ça va aller, qu'on a survécu jusqu'ici, qu'on va se débrouiller. Et de réaliser quelques mois plus tard qu'on avait des droits qu'on n'a pas utilisés.
L'université est un changement de nature différent de tout ce que tu as connu avant. Pas parce que les cours sont plus durs parce que tu es entièrement autonome pour t'organiser, dans un environnement qui n'a pas été pensé pour ton cerveau.
C'est la multiplication du nombre d'étudiants neuroatypiques constatée dans certaines universités françaises en quelques années. Les établissements s'adaptent — mais trop lentement pour que ça soit automatique. Tu dois faire la démarche toi-même.
Les amphi de 300 personnes. Les cours magistraux sans interaction. Les consignes d'examen lues une fois à voix haute. Les délais de rendu qui arrivent par mail alors que tu n'as pas vu le mail. Tout ça, multiplié par le fait que tu dois maintenant gérer ton logement, ton alimentation, ton emploi du temps seul.
Des étudiantes TDAH décrivent à L'Étudiant une réalité simple : "Il nous faut trois fois plus d'énergie pour fonctionner." Ce n'est pas une plainte. C'est une réalité neurologique et elle a des solutions concrètes, si tu sais où chercher.
La honte de demander est réelle. Mais les aménagements ne sont pas un avantage, ils sont une compensation pour une inégalité réelle. Un étudiant dyslexique qui lit deux fois moins vite n'a pas les mêmes conditions qu'un étudiant neurotypique lors d'un examen de 3 heures. Le tiers-temps n'est pas un cadeau : il rétablit l'équité.
Démarche 1 — Le service handicap de ton université (cette semaine)
Qu'est-ce que c'est et où le trouver
Chaque université française a un service handicap parfois appelé Mission Handicap, Relais Handicap, ou Bureau d'Aide à l'Insertion des Étudiants Handicapés (BAEH). C'est ton interlocuteur principal pour tout ce qui concerne tes aménagements pendant tes études.
Pour le trouver : site web de ton université → rubrique "vie étudiante" ou "handicap" → cherche "service handicap" ou "mission handicap". La plupart sont accessibles sans rendez-vous en début d'année universitaire, c'est précisément le moment où ils attendent les primo-arrivants.
Ce que tu dois apporter
Un document qui atteste de ton trouble, un bilan neuropsychologique, un compte-rendu d'orthophoniste, un courrier de ton médecin, ou une notification MDPH si tu en as une. Tu n'as pas besoin d'un diagnostic récent ni d'un document parfait : la plupart des services handicap travaillent avec ce que tu as. Si tu n'as rien, dis-le ils peuvent t'orienter vers le médecin universitaire pour une évaluation.
Ce que tu peux dire au service handicap :
"Je suis étudiant(e) en [formation], j'ai un trouble DYS / un TDAH diagnostiqué. Je voudrais savoir quels aménagements je peux obtenir et comment faire la demande avant mes premiers examens."
Le délai de traitement est de plusieurs semaines. C'est pourquoi cette démarche doit être faite dans les premiers jours de la rentrée, pas quand les partiels approchent. Une demande trop tardive ne peut pas être traitée à temps, même si ton dossier est complet.
Démarche 2 — Le PAEH, ton contrat d'aménagements
Le PAEH : Plan d'Accompagnement de l'Étudiant Handicapé est le document qui formalise tes aménagements à l'université. C'est l'équivalent du PAP de l'école primaire ou du lycée, mais pour les études supérieures.
Une fois que le service handicap a validé ta situation, il rédige avec toi le PAEH. Ce document liste précisément ce à quoi tu as droit et c'est ce document qui est ensuite transmis à tous tes enseignants. Tu n'as pas à expliquer ta situation à chaque professeur séparément.
Ce que le PAEH peut contenir
Tiers-temps aux examens
33 minutes de plus pour 100 minutes d'examen. La forme d'aménagement la plus courante pour les profils DYS et TDAH.
Salle à part ou petite salle
Pour les profils hypersensibles au bruit ou facilement distraits. Réduit la surcharge sensorielle pendant les épreuves.
Supports de cours en avance
Accès aux slides ou polycopiés avant le cours pour les étudiants qui peinent à noter et écouter simultanément.
Usage de l'ordinateur en examen
Pour les profils dysorthographiques ou dysgraphiques dont l'écriture manuscrite rapide est particulièrement impactée.
Les enseignants ont l'obligation légale de respecter les aménagements du PAEH. Si l'un d'eux ne le fait pas, le service handicap est ton recours, pas toi seul face au professeur.
Démarche 3 — Le programme Atypie-Friendly
Atypie-Friendly est un programme national porté par l'université de Toulouse, désormais présent dans de nombreux établissements d'enseignement supérieur en France. C'est l'un des rares dispositifs qui traite spécifiquement les étudiants neuroatypiques : autisme, TDAH, troubles DYS, Tourette avec une approche qui va au-delà des aménagements d'examen.
Ce que le programme propose concrètement
Des ateliers sur la gestion du temps et l'organisation — compétences clés souvent fragiles dans les profils TDAH et DYS. Du tutorat par les pairs, des formats de cours plus accessibles, et un lien avec des entreprises partenaires sensibilisées au neuroatypisme pour les stages et l'alternance.
Pour savoir si ton université est partenaire : chercher "Atypie-Friendly" + le nom de ton établissement, ou demander directement au service handicap. La Stratégie nationale pour les TND 2023-2027 finance et soutient ce programme, il se déploie progressivement dans toute la France.
Si ce programme n'existe pas encore chez toi : le service handicap seul peut déjà faire beaucoup. Atypie-Friendly est un plus, pas un prérequis.
Les outils pour tenir toute l'année au-delà des aménagements officiels
Les aménagements institutionnels couvrent les examens. Le reste de l'année, les révisions, les lectures obligatoires, les travaux à rendre, la gestion de l'emploi du temps, c'est toi qui le gères. Et c'est là que la plupart des étudiants DYS ou TDAH perdent du terrain, pas en examen.
Ce qui fait la différence dans le quotidien de travail d'un étudiant neuroatypique : des blocs de temps visibles et courts, une structure externe pour les sessions de travail, et l'élimination des distractions numériques pendant ces blocs.
Un minuteur mécanique posé sur ton bureau pendant les révisions fait une chose qu'aucune application ne peut reproduire : il te montre le temps qui passe en continu, sans notification, sans écran, sans tentation. Tu règles 25 minutes, tu travailles, il sonne. La méthode Pomodoro adaptée aux profils TDAH (blocs de 20 minutes plutôt que 25) est documentée pour améliorer significativement la durée de concentration effective.
Les outils d'organisation visuelle : planning semaine, checklists effaçables — externalisent la charge de mémoire de travail qui épuise un cerveau DYS ou TDAH dès le matin. Ce que tu peux voir, tu n'as pas à te souvenir de le retenir.
À savoir :
Si tu n'as pas encore de diagnostic officiel et que tu te reconnais dans ces difficultés : le médecin universitaire (SUMPPS ou SSU selon les établissements) peut t'orienter vers un neuropsychologue ou un psychiatre universitaire. Certains établissements proposent des bilans à tarif réduit ou remboursés. Tu n'as pas besoin d'un diagnostic pour consulter le service handicap mais en avoir un facilite et accélère les démarches.
Questions fréquentes
Je n'ai pas de reconnaissance MDPH. Puis-je quand même obtenir des aménagements à l'université ?
Oui. Une reconnaissance MDPH ou RQTH facilite les démarches mais n'est pas obligatoire. Un bilan neuropsychologique, un compte-rendu d'orthophoniste ou un courrier médical décrivant les difficultés suffisent pour ouvrir un dossier au service handicap. La commission décide ensuite des aménagements selon ton profil.
Jusqu'à quand peut-on faire la demande d'aménagements à l'université ?
Il est conseillé de faire la demande au moins 3 semaines avant le début des examens ou du semestre. En pratique, les services handicap recommandent de venir dès la première semaine de rentrée, le traitement prend du temps et une demande tardive risque de ne pas être finalisée à temps pour les premiers examens.
Mon PAEH du lycée est-il automatiquement reconduit à l'université ?
Non. Le PAP ou le PPS du lycée ne se transfère pas automatiquement à l'université. Tu dois refaire une demande auprès du service handicap de ton établissement d'enseignement supérieur, même si tu avais déjà des aménagements. C'est une nouvelle procédure, dans un nouveau cadre administratif.
Un professeur peut-il refuser d'appliquer les aménagements de mon PAEH ?
Non. Les enseignants ont l'obligation légale de respecter les aménagements formalisés dans le PAEH. Si un enseignant refuse ou néglige de les appliquer, contacte le service handicap, c'est son rôle d'intervenir dans ce cas. Tu n'as pas à gérer ça seul face au professeur.
Rédigé par Dorine, fondatrice de Do'Dys — DYS depuis l'enfance, issue d'une famille DYS. Cet article est écrit à destination des étudiants neuroatypiques eux-mêmes pas à leurs parents.
À lire aussi
Des outils pensés pour les cerveaux atypiques
Minuteurs, plannings visuels, outils de concentration — sélectionnés parce qu'ils répondent à de vrais besoins.
Voir les outils Do'Dys →